vendredi 16 février 2018

Herbier de poésies - page 100


* Photo Adamante

Ce que je vais vous conter va vous paraître incroyable. 
Il neigeait 
 Cela est naturel en février, cependant par ici tout s'en trouve désorganisé...

Plus de voiture
 un chemin impraticable
retrouver ses marques

Dans un placard je dénichais de vieilles bottes en daim, dans un tiroir des gants et un bonnet en laine ainsi équipée je suis partie...

Toute cette blancheur
agrandissait le jardin
- Féerie

Prenant le chemin de la forêt je longeais les maisons voisines et familières. Écrasant la neige crissante, je marchais en état second l'esprit libre. Seuls mes pas me guidaient et tout à coup je le vis.

Jardin des fées
neige blanche et rosée
vision irréelle

Les flocons avaient fait surgir des fleurs sur les arbres, les troncs soulignés prenaient un relief inattendu, les mousses au sol s’éclaircissaient, les elfes allaient surgir et danser.

Le petit peuple
réveillé par l'inattendu
exultait de plaisir

Immobile et subjuguée je suis restée à les contempler, rêvant de métamorphose afin de partager cette magie indéfiniment.



vendredi 9 février 2018

Herbier de poésies - page 99


Photo ABC

Masque tragique
Création d'un artiste cubique 

Le phare s'éteint
Sa lentille éparpillée
Ne sauvera pas les pêcheurs

Miroir brisé
La sirène aux yeux bleus
Pleure des larmes de sang



vendredi 2 février 2018

Herbiers de poésie page 98

James Abbott McNeill Whistler, Nocturne en noir et or, La fusée retombante, 1875,huile sur bois, 60 x 46 cm, Detroit Institute of Arts, Detroit


D'un vacarme assourdissant
Un monstre surgit gueule béante
Crachant sa langue de feu
Dans le ciel crépusculaire

Les étoiles pleurent des étincelles


Mannequins tétanisées 
Des ombres passives à l'écart de la ville
Restent sur la rive
Devant l'artificielle
Perturbation de l'ordre régulier de la nature 

Un rendez-vous avec l'au-delà




dimanche 28 janvier 2018

Printemps des poètes


"Qui est naturellement paresseux se met avec ardeur à ne rien faire"

Quelle vie existerait sur terre
Si l’ardeur n’existait pas
Plus d’Amour brûlant
Plus de soleil ardent
Adieu la Passion
Adieu le Désir
La Colère
Vigueur
Flammes
Pétillantes
Odeur piquante
Aiguillon stimulant
Dans l’infinité du temps
Et si l’ardeur n’existait pas
Quelle vie existerait sur terre

mercredi 27 décembre 2017

Jean Mambrino - Le point du jour




Le point du jour

Le point du jour
                    braise                 attisée
par la dernière brise
                              de la nuit
quel vide l’attire
                         le dilate

     déploie l’absence
sur quoi bientôt se dessinent
     les collines       les arbres
               les visages
          et cette fleur
où dort la mer brillante

le temps s’étale
                    à travers l’espace
     en tout sens
quand le point du jour
          ouvre le sens
     par où s’épanche
                    la lumière
     l’éclat des yeux
          la fournaise du solstice
et le soir qui ruisselle
               avec les ombres

mais toujours
          pointe le jour
               un rien de jour
presque
                    rien.  

Jean Mambrino
Sainte Lumière
Editions Desclée de Brouwer, 1976     

vendredi 15 décembre 2017

toute une année


Toute une année pour voyager

Au Grand Magasin des Saisons
J’ai choisi le bleu pour le ciel
Le jaune d’or pour la lumière du soleil
L’argent pour les nuits de pleine lune


 Au rayon printemps
Les vertes prairies
Rouge cerise et framboise


Pour l’été
Des champs de blés
Toute la gamme mordorée




Pour l’automne
C’est toutes les teintes qui s’additionnent
Quand la cheminée ronronne



Au rayon « divers »
La mère Noël en tunique rouge
Saura vous détailler

Vos couleurs préférées

LC de la Cachette  texte - photos